Nouvelles recommandations en activité physique : un bon changement?


26 janvier 2011
Par Tina Tran, responsable du volet Activité physique
Avez-vous vu les dernières nouvelles sur les recommandations en activité physique? En gros, le gouvernement fédéral prévoit diminuer la quantité d’activité recommandée par semaine à 120 minutes, alors qu’elle était auparavant de 150 à 300 minutes (30 à 60 minutes par jour d’activité physique à intensité faible à modérée, 5 jours par semaine).
Pourquoi? À cause du taux élevé de gens inactifs. Plus précisément, 62 % des Québécois n’atteignent pas les recommandations actuelles en activité physique et parmi ceux-ci, 24 % sont sédentaires (donc ne pratiquent aucune activité physique). La logique sous-tendant cette baisse est de fixer un objectif plus accessible pour que les gens soient moins découragés à faire de l’exercice.
Ma première réaction : pourquoi 120 minutes? Les recommandations actuelles proposent pourtant des lignes directrices précises pour diminuer le risque de maladies. Selon ces recommandations, on peut choisir de faire de façon quotidienne :
- 60 minutes d’activité physique à intensité légère (ex : marcher, faire du jardinage, etc.),
- 30 à 60 minutes d’activité physique à intensité modérée (ex : faire de la bicyclette, suivre un cours d’aquaforme, etc.) ou
- 20 minutes d’activité physique à intensité élevée (ex : participer à des sports d’équipe, suivre un cours d’aérobie, etc.).
En prescrivant 2 heures d’activités physiques générales par semaine comme nouvelle recommandation, on n’a aucune idée de l’intensité qu’il faut atteindre. Les gens croiront-ils qu’ils ont atteint les recommandations en faisant une simple marche aller-retour au dépanneur tous les jours?
Par ailleurs, mis à part les exercices cardio, il ne faut pas oublier les activités qui travaillent la force musculaire (2 à 4 fois par semaine sont recommandées) ainsi que les activités d’assouplissement (4 à 7 fois par semaine sont recommandées).
Ce qui fait que je tourne en rond depuis quelques jours et me pose plusieurs questions. Est-ce que de moins grandes exigences inciteront vraiment les gens sédentaires à entamer une démarche vers un mode de vie plus actif? Ne devrions-nous pas plutôt encourager les gens peu actifs (38 % des Québécois) à être plus actifs ou veut-on inciter simplement les sédentaires à bouger?
Personnellement, j’aurais tendance à maintenir les recommandations actuelles et voici un fait intéressant qui m’incite à penser ainsi : une étude de Cameron et coll. (2007) révèle que même si un peu plus de 37 % de la population sait qu’il existe des recommandations en activité physique, moins de 4 % peuvent les citer. On peut donc se demander si c’est réellement en manipulant les recommandations en activité physique (et en augmentant la confusion) que l’on convaincra les gens à être plus actifs.
En promotion de la santé, on doit s’assurer de mettre en place une multitude de mesures pour encourager les gens à être plus actifs. Certes, il y a les campagnes de sensibilisation sur l’importance d’un mode de vie actif, mais il y a aussi les mesures pour rendre un environnement favorable à la pratique d’activité physique, c’est-à-dire, rendre les choix sains plus intéressants et si possible, plus faciles à opter que les choix moins sains. Des solutions concrètes? Développer le réseau de pistes cyclables, offrir des cours d’éducation physique tous les jours de la semaine, développer une offre d’activités non compétitives (jeux, initiations, etc.), organiser des midis Kinect au bureau, etc.
Le but, c’est d’encourager les gens à bouger parce que c’est facile de le faire et non parce que quelqu’un (ou l’État) nous dit que c’est bien de le faire.
Et vous, qu’en pensez-vous? Serez-vous plus convaincus à être plus actifs si vous savez que la barre a été abaissée pour vous faciliter la tâche?